| Homélie |
Homélie de la Messe de la Sainte-Barbe
C'est l'occasion de dire à ce Corps émérite tout le bien que nous pensons du travail qu'ils font, de l'héroïsme et du dévouement qui les caractérisent dans les moments les plus pénibles de la vie. Et je me réjouis de renouer avec une tradition qui remonte à mes années militaires, dans l'artillerie. Ste Barbe est en effet Patronne des Pompiers, des artilleurs et des artificiers. Il est bon de renouer avec cette tradition chrétienne d'honorer nos saints Patrons et de recommander toutes nos activités à nos saints protecteurs. Notre époque se veut laïque et athée; la religion de l'homme semble suffire à contenter le cœur et les aspirations humaines, comme si l'homme pouvait être sa propre fin. Il est bon de se rappeler que notre vie dépend de Dieu, et le temps de l'Avent nous met dans cette perspective de la naissance de l'Enfant-Dieu, qui donne sa vie dans les souffrances de la Croix, pour nous ouvrir le Ciel, pour nous manifester son Amour. Nos saints et nos martyrs sont les témoins efficaces de ce don, ils sont les garants d'une vie de foi et d'amour de Dieu, ils sont des exemples vivants et des modèles de dévouement, d'héroïsme et de charité. Ils sont, sur le plan surnaturel, la raison d'être des actes de bravoure et d'héroïsme de nos actes humains, tels que nos pompiers sont capables d'en donner. Eux aussi deviennent parfois la cible de gens malveillants et mal intentionnés. Je le sais par un de mes scouts qui a commencé sa carrière de pompier dans la Val de Marne. Mais revenons à sainte Barbe. Elle est née au début du III ème siècle, à Nicomédie, sur les bords de la mer de Marmara, en Asie mineure. (Izmit) Son père, un riche païen nommé Dioscure, pour la soustraire à l'influence chrétienne, l'enferma dans une tour qui n'était éclairée que par deux fenêtres. Néanmoins, elle fut instruite de la religion et baptisée par un prêtre envoyé par Origène, qui s'était fait passer pour un médecin. Pour manifester sa foi en la Sainte Trinité, elle aurait percé une fenêtre supplémentaire dans sa tour. Son père, apprenant sa conversion, la menace de son épée, mais elle parvient à s'enfuir et se réfugie dans un rocher qui s'entrouvre miraculeusement pour l'abriter. Elle est dénoncée par un berger qui voit soudainement ses moutons se transformer en sauterelles pour son châtiment. Jetée en prison, Barbe refuse d'abjurer le christianisme et d'épouser le païen que son père veut lui imposer. Elle est livrée au juge Marcien qui la met au supplice. Liée sur un chevalet, elle est fouettée avec des nerfs de bœufs, puis déchirée avec des peignes de fer, roulée sur des tessons de poterie et brûlée avec des lames rougies au feu. Les bourreaux lui mutilent les seins, la promènent nue à travers la ville, mais un ange vient la recouvrir d'un voile et pour en finir, son père lui tranche la tête. Elle meurt en 235. Certains historiens modernes considèrent sa vie comme légendaire; en effet les miracles surprennent toujours les esprits sceptiques. Pourtant un monastère d'Edesse la prend pour Patronne dès le IV ème siècle et elle honorée à Rome dès le VII ème siècle. Sa popularité en Occident ne date que du XV ème siècle . On trouve son culte en Normandie comme le prouve la fondation du prieuré de Ste barbe en Auge sur les bords de la Dive et en Bretagne (chapelle de Ste barbe du Faoët). En Italie, elle est patronne des villes de Ferrare, Guastalla et Mantoue. En Espagne, on l'invoque contre la foudre, le tonnerre et les incendies. En Allemagne elle fait partie des quatre intercesseurs féminins avec Ste Marguerite, Ste Catherine et Ste Dorothée. On lui attribue ce dicton: Demandons souvent l'intercession de nos saints patrons et de Sainte barbe, tout particulièrement en ce jour où nous l'honorons. Elle nous montre le chemin de l'honneur et de la fidélité à Dieu, elle nous montre la voie de l'héroïsme, quoiqu'il puisse en coûter parfois. Abbé Philippe Peignot |